Hervé Pellois, député de la première circonscription du Morbihan

Pour ceux qui croient à la démocratie, la violence n'est pas un mode d'expression acceptable

Après une nouvelle série de dégradations de permanences parlementaires de la majorité présidentielle, nous avons publié, avec 20 de mes collègues députés bretons, une tribune sur le site de Franceinfo.


« Pour ceux qui croient à la démocratie, la violence n'est pas un mode d'expression acceptable.
Si elle ne l'est pas, c'est parce qu'en démocratie, la contestation, comme l'ensemble des activités sociales, sont encadrées par des règles. Le droit de grève et le recours à la manifestation sont ainsi des droits garantis par la démocratie. Mais ce n'est jamais le cas des exactions portées aux personnes et aux choses. En démocratie, le corps d'un être humain - qu'il soit manifestant ou policier - ne peut pas être violé, tout comme ne peut pas l'être le bien privé d'autrui et le bien public.


Face à des comportements violents, la démocratie dispose d'une réponse : la confrontation à la règle de droit. Les auteurs de violences sont déférés devant des tribunaux où des juges examinent les faits qu'ils ont commis et prononcent, le cas échéant, des sanctions.
Dans les périodes d'état d'urgence comme celles que vit actuellement la France, la tenue de procès équitables est plus importante que jamais. Tout comme doivent l'être les règles organisant les manifestations.
En démocratie, il n'y a aucune place pour les discours complaisants du type : « Il faut comprendre les casseurs ».


Désespérance morale
Dans une démocratie, les citoyens ont la possibilité de demander une révision de la constitution. Leur exigence s'exprime essentiellement par un moyen : le bulletin de vote qu'ils déposent dans l'urne lors des élections.
Mais encore faut-il croire à la valeur de ce vote ? Ceux qui préfèrent la violence n'y croient très souvent plus, car l'acte politique échappe pour eux à toute forme de rationalisation. Les partisans de la violence ont une existence politique qui se résume à des pulsions : celles des poings qui frappent et de la barre de fer qui détruit. Ils expriment ainsi une forme de désespérance morale qui ne peut pas laisser le démocrate indifférent.
Pourquoi, dans un pays comme la France, des citoyens - souvent jeunes et pas forcément moins éduqués que la moyenne - croient-ils légitime de limiter leur engagement politique aux instincts bruts de la force physique ? La réponse n'est pas simple. Elle se trouve certainement dans une totale absence de confiance dans les autres mais aussi en eux-mêmes.
Cela démontre que le grand chantier qui doit animer la France, durant ce quinquennat, n'est pas seulement la réforme de son État, mais aussi le retour de la confiance au sein de sa société. C'est une erreur typiquement française de penser qu'un « bon » État suffit à produire de la démocratie. Comme Tocqueville l'avait déjà compris au XIXe siècle, beaucoup plus indispensable est la confiance sociale. »

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