À l'Assemblée

Ma question sur l'endettement privé au Gouverneur de la Banque de France

Nous avons auditionné en commission finances à l'Assemblée nationale, le Gouverneur de la Banque de France, François VILLEROY DE GALHAU. L'occasion pour moi de lui poser une question sur le niveau de l'endettement privé en France.

 

"Permettez-moi de revenir sur le niveau d’endettement privé par rapport à nos partenaires européens. À l’heure où notre dette publique stagne, la dette privée continue d’augmenter en France comme vous nous l’avez indiqué.

À titre d’exemple, l’endettement des sociétés non financières est deux fois plus élevé en France qu’en Allemagne. Alors qu’il a continué de progresser en France (+ 20% en 10 ans), il a légèrement baissé en Allemagne (-3%)

Comment expliquer la tendance à l’accroissement de l’endettement privé en France alors que la tendance chez nos principaux partenaires européens semble être à l’allègement sur la dernière décennie ? Cette tendance est-elle la conséquence d’investissements plus importants de la part des sociétés françaises ou résulte-elle de leur manque de compétitivité ? Et pour les particuliers, est-ce la conséquence d’une recrudescence de l’investissement dans leur logement ou de crédits court-terme nécessaires pour boucler les fins de mois voire même la mise en réserve de leurs économies comme vous semblez nous l’avoir indiqué dans votre présentation.

Concernant plus spécifiquement les exploitations agricoles françaises, la Banque de France connaît-elle leur niveau d’endettement privé ? Auquel cas, suivent-elles la tendance des autres entreprises françaises ? Enfin, comment se situent-elles par rapport aux exploitations agricoles européennes ?

Je vous remercie".

M. François Villeroy de Galhau : "C’est objectivement une question difficile. Je pense qu’il y a un facteur positif, c’est que l’investissement des entreprises est plutôt plus important en France qu’ailleurs. Au-delà de ça il peut y avoir des utilisations d’endettement moins souhaitables sur le plan économique mais ça n’est pas à nous d’en décider, c’est à chaque entreprise. Peut-être de temps en temps il peut compenser une situation financière plus difficile (baisse du taux de marge certaines années, entreprises plus en difficultés etc.), il peut servir davantage à des projets d’acquisition qui ne sont pas néfastes en soi mais qui ne sont pas forcément de l’investissement en France, parfois reconstituer une épargne de précaution… mais je ne sais pas pondérer ces différents éléments.

Je pense que les entreprises françaises ont une insuffisance de fonds propres et financent en contrepartie par dettes. Ça n’est d’ailleurs pas une situation spécifique à la France. Quand je compare l’économie européenne à l’économie américaine, il n’y a pas assez de fonds propres.

Sur les ménages, l’essentiel de l’évolution c’est le crédit immobilier et là aussi il faut le voir comme un phénomène d’ensemble positif puisqu’il a soutenu le secteur de l’immobilier et a permis à beaucoup de ménages, y compris des jeunes, d’acquérir un logement. Mais nous sommes attentifs au fait qu’il n’y ait pas une proportion trop élevée de ménages qui se retrouve en limite de taux d’effort (charge de la dette par rapport aux revenus). Aujourd’hui, il y a 1/4 des ménages pour lequel ce taux d’effort – malgré les taux bas – a l’air d’être supérieur ou égal à 35%.

Je n’ai pas de statistiques spécifiques sur les exploitations agricoles mais nous regarderons peut-être."

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