Avec cette mesure, Marisol Touraine concrétise de façon rapide et déterminée un engagement pris par François Hollande lors de la campagne présidentielle. C’est une réelle avancée pour le droit des femmes qui contribuera à faire progresser les mentalités en faveur de la liberté des femmes à disposer de leurs corps.

En France, 250 000 Interruption Volontaire de Grossesse sont pratiquées en moyenne chaque année. Jusqu’à présent, la Sécurité Sociale remboursait l’IVG à 80% lorsqu’elle était chirurgicale, à 70% lorsqu’elle était médicamenteuse. Les bénéficiaires de la CMU (Couverture Maladie Universelle) et les mineures avaient droit à une prise en charge totale. Pour de trop nombreuses femmes, le « reste à charge » s’avérait un réel frein à l’émancipation. Le remboursement total sera de nature à faciliter l’accès à l’IVG, dont le coût s’établit entre 200 et 500€ par intervention. La revalorisation simultanément annoncée du tarif permettra de lever les réticences des praticiens.

Près de 40 ans après la loi Veil, cette réforme permettra une plus grande effectivité du droit. Elle constitue une réponse respectueuse des personnes face à ceux qui, en premier lieu le Front National, ont scandaleusement introduit ces derniers mois la notion « d’IVG de confort » dans le débat public.

Depuis 2005 l’Europe est menacée de s’effondrer, la crise appauvrit ses peuples et ses Etats, le populisme gagne partout du terrain. A ce changement historique, F. Hollande a répondu par le changement de la politique européenne. En menaçant de ne pas ratifier le traité, en s’assurant du concours de l’Italie et de l’Espagne, en rééquilibrant la relation avec l’Allemagne, il a bousculé l’Europe conservatrice, modifié les rapports de force et impulsé une nouvelle orientation à la politique européenne. Aujourd’hui la finalité du traité va bien au-delà des équilibres budgétaires. Il est devenu un pacte global de redressement qui comporte la croissance, l’emploi, la transition écologique, la protection commerciale…C’est ce changement global que nous allons voter.

Entamé à l’été 2012 avec le collectif budgétaire, le redressement des comptes est conduit dans un souci constant d’équité, dans un esprit de responsabilité et dans le but de préserver les ressorts de la croissance et de l’économie.

La stratégie retenue permettra d’assurer le financement des engagements pris devant les Français et de garantir la souveraineté de notre pays et son indépendance vis-à-vis des marchés financiers. C’est une nécessité, après dix ans au cours desquels le poids de la dette publique dans notre richesse nationale aura augmenté de près de 50%.

Le sérieux budgétaire nous conduit à retenir une prévision de croissance de 0.8% du PIB pour 2013. La budgétisation sincère des dépenses et l’arrêt des projets qui n’étaient pas financés permettent d’assurer le financement d’actions prioritaires en faveur de l’éducation, de la jeunesse et de la sécurité.

L’équité est le maitre mot de ce projet de loi de finances avec un juste partage entre hausses des prélèvements et économies budgétaires, entre ménages et entreprises. Un effort qui porte au sein des ménages essentiellement sur les plus aisés, au sein des entreprises essentiellement sur les plus grandes.